Confinement : j’arrête de regarder l’heure


Je ne sais pas vous mais en ce moment j’ai beaucoup de mal à avoir un rythme normal ou précis à la maison. Pas évident en cette période de confinement où l’on apprend à cohabiter avec pourtant les personnes de notre propre foyer. Certains continuent leurs habitudes alors que d’autres essaient de s’en créer de nouvelles et de trouver un pseudo-équilibre dans ce contexte. Bref. La notion du temps me semble très éloignée de tout ce que l’on a pu connaître jusque là. A tout ça il faut y ajouter le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été. Le soleil est là beaucoup plus longtemps le soir. Pas d’impératif horaire le matin (ou presque). On brunche au lieu de petit-déjeuner, on goûte au lieu de déjeuner… 


Je me sens perdue comme jamais. Les plannings, agenda, bujo et organisation sont ma vie. Tout est régi dans un timing que j’essaie de rendre le plus parfait possible (oui je sais ce n’est pas forcément bien…). Depuis que le confinement a commencé je n’ai plus aucun repère. Je ne sais pas non plus si je dois me recréer un semblant d’équilibre, prendre justement ce temps pour lâcher prise sur toutes ces croyances que je m’impose.


Je me suis demandée alors : et si on arrêtait de regarder l’heure ?


Concrètement ça changerait quoi ? J’ai demandé à mon entourage et tous m’ont répondu que c’était impossible dans la société d’aujourd’hui. L’heure est partout tout le temps. Ce n’est pas nous qui cherchons à regarder l’heure, c’est l’heure qui s’impose à nous. Sur nos téléphones, nos montres, les sonneries des écoles, les cloches des églises, les réveils de la semaine, notre électroménager. D’autres idées ? Je vous laisse les noter. 



L’heure et le respect des horaires s’imposent à nous. Mais pourquoi ? Est-ce que c’est réellement primordial de connaître l’heure qu’il est pour être heureux et épanoui dans sa vie ? Non. Bien sur que non. Cependant nous vivons aujourd’hui dans une société et un monde régis par une temporalité identique. C’est un repère et un symbole d’équilibre pour beaucoup et beaucoup de choses. Impossible donc de se détacher totalement des aiguilles de l’horloge. 


J’ai testé.


J’ai (essayé) de tester ce principe de ne plus regarder l’heure. J’ai remarqué et mis en évidence les moments cruciaux où je suis plus susceptible de zieuter ma montre. Je n’avais pas d’objectif spécifique. Je ne me suis pas imposée de ne plus regarder l'heure du tout mais plutôt d’avoir un regard extérieur sur mes habitudes et ma relation avec le temps. Ce que je retiens c’est que ce n’est clairement pas évident et nous sommes tellement conditionnés à vivre de cette manière qu’il faudrait beaucoup de temps (c’est le cas de le dire) pour se déshabituer. 


Résultat(s) et constat(s) ?


Très honnêtement je n’ai pas réussi. Ma vie est régie par de nombreuses “contraintes” qui nécessitent d’avoir un oeil sur l’heure. Par contre j’ai mis en évidence le fait que je suis peut-être à la limite de la psychorigidité à ce sujet. Je vous donne un exemple tout bête : 20h. Cette heure de la journée a je pense pour tous une symbolique forte. Pour certains c’est l’heure du repas, pour beaucoup l’heure de regarder “les infos”, d’autres vont coucher les plus jeunes. Nous avons tous une relation personnelle avec cet horaire. Pour mon cas j’ai remarqué que si à 20h le repas n’est pas prêt ou en cours de préparation j’ai une boule dans le ventre, je ne me sens pas bien et dépassée. Ce ressenti influe ainsi sur mon humeur de la soirée, qui se transmet généralement au reste de la famille, et je vais me coucher dans un état d’esprit très mitigé car j’ai l’impression d’être déjà en retard pour le lendemain alors que ma journée est terminée et que la prochaine n’a pas encore commencé. Un comble ! 


J’arrive davantage à lâcher prise sur le respect des horaires quand je me lève tôt (6h30) car cela me permet une plus grande “marge d’erreur”. De la même manière si je me lève au-delà de 8h30/9h je vais me sentir mal toute la journée car je ne vais pas pouvoir faire tout ce que j’aurais aimé faire ! (Peut-être là un souci d’objectif, un peu trop ambitieuse ? Moi ?)


Pourquoi je veux changer mon fonctionnement ?


J’aspire à autre chose, à un nouveau mode de vie dans lequel j’aimerais me sentir moins oppressée. En effet cette obligation quotidienne du respect de l’heure me pèse de plus en plus. Plus jeune, le pire cauchemar que j’ai pu faire et dont je me rappelle parfaitement c’était d’arriver en retard à l’école. Je me suis réveillée en nage et totalement affolée. Cette petite expérience m’a montré que je vivais au quotidien avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Pour une partie c’est la société qui me l’impose, pour l’autre c’est moi. J’ai conscience que je ne peux pas agir sur l’ensemble des paramètres de ce problème mais je peux en revanche être plus attentive à mes mauvaises habitudes et aux éléments qui me font me sentir comme ça. À moi maintenant de changer certaines habitudes, de travailler sur mes croyances limitantes. 


Je souhaite me montrer bienveillante envers moi-même dans ce processus de changement. Je suis arrivée à un stade où je cherche toujours plus. Je veux toujours plus. J’essaie de faire toujours plus, et quand je n’y arrive pas je suis déçue. Je ne veux plus ressentir cette déception de moi-même. J’ai remarqué que l’on met bien plus souvent en avant le résultat que le chemin que l’on a fait pour y parvenir. Je ne suis plus d’accord avec ça. Aujourd’hui je veux rendre mon chemin plus agréable à parcourir pour pouvoir davantage savourer le résultat. Première étape : oublier l’heure. 



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